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UNE SESSION AUX COULEURS DU MALI

Même si la session est ordinaire parce que rentrant dans le calendrier normal de l’organisation, il faut dire que tous savent qu’elle sera aux couleurs du Mali.

Comme beaucoup de ses homologues, le Président sénégalais a quitté Dakar ce dimanche 06 septembre pour Niamey où le sommet est prévu pour la journée du lundi 07 septembre.

Beaucoup de nouvelles donnes viennent imposer l’Etat du Mali comme sujet principal de ce rassemblement. En effet, en dehors du renversement du Président IBK, que la CEDEAO avait sanctionné, l’instance cherche à tout prix à redorer son image et garder sa pleine légitimité en menant à son avantage les discussions sur le retour à une situation normale. Seulement, il faut dire que le principal point de discussion qui peut le lui permettre après son incapacité à trouver une solution à la longue crise malienne est de faire passer sa proposition sur la durée de la transition. Or, il faut être sous d’autres cieux pour ignorer que ce point de discussion est le trophée de guerre pour tous, y compris pour le Président déchu qui pourrait se satisfaire de voir les gens qui l’ont déboulonné l’être à leur tour par le fait de ses anciens pairs.

Il est donc permis de croire que la junte ne donnera pas suite à cette proposition, surtout que la logique pour elle est de remplacer IBK pour le temps qui lui restait à faire dans son mandat en cours. On pourrait dans un ordre purement politique et stratégique avancer que la durée d’un an est dérisoire dans la situation actuelle du Mali. En plus, ces visages qui incarnent le changement sont conscients des sanctions qu’ils encourent et ont besoin de garanties et d’un réseau de soutien national et international qu’ils ne pourront jamais installer dans la seule année que la CEDEAO est prête à leur accorder. La junte doit également être conscient que le climat qui prévaut dans les pays voisins de la Côte-d’Ivoire et de la Guinée Conakry peut, s’il dégénère en crise pré et/ou post électoral, tourner en leur faveur car mettant plus en mal la légitimité de la CEDEAO qui adopte dernièrement une posture de pompier face à la situation délétère dans beaucoup de nos Etats.

Nous pensons pour la rencontre de ce jour que des prises de position éclairées comme lors de la session extraordinaire de certains présidents comme le Président Sall et son homologue Kaboré du Burkina pourront à nouveau permettre à l’instance régionale de rester dans l’ordre du raisonnable pour aider le pays frère.

Les situations du week-end (grève des enseignants, mort de militaires français de la force Barkane) montrent l’urgence d’accompagner la junte vers l’effectivité d’un attelage gouvernementale en mesure de permettre la reprise de l’ensemble des activités qui incombent à un Etat.