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QUELLE FIÈVRE FAIT SUER MANSOUR FAYE : COVID-19 OU COVID BUSINESS ?

La conférence de presse du Ministre du développement communautaire, de l'équité sociale et territoriale, M. Mansour Faye a certes mis sur la table de nouvelles informations, mais pour ce qui est des zones d’ombre _qu’il pensait certainement éclairer_ il est bien loin de les avoir touchées.

Trouver utile de devoir préciser qu’il ne se prête point à un exercice de justification était la première erreur de l’intéressé. Pourquoi être sur la défensive si on n’intègre aucun préalable ?

En réalité, c’est l’opinion qui l'a convié au point de presse de son homologue de la santé. Les avertis l’avaient déjà soupçonné depuis la sortie du Directeur du Commissariat à la sécurité alimentaire M. Diao, qualifiant d’une première en Afrique cette aide alimentaire d’urgence que l’Etat du Sénégal est entrain de dérouler pour sa population. Cette aide est extraordinaire en quoi ? Et pour qui ? Au point de vouloir rentrer dans une comparaison avec d’autres pays d’Afrique. Qu’aurait dit Conakry par rapport au Sénégal du temps d’Ebola ?

Les incohérences sont nombreuses dans ce déballage du Ministre Mansour Faye. Les sénégalais ont eu écho de l’élan de générosité des professionnels camionneurs quand, sur des plateaux ils se sont interrogés en prenant à témoin la population sénégalaise, sur leur incompréhension de voir le Ministère concerné ne rien préciser sur leur proposition d’acheminement gratuit des vivres et lancer un appel d’offre pour le transport. Pour un Etat qui compte mobiliser le fonds de riposte avec le concours généreux de l’ensemble des sénégalais, comment comprendre que le souci d’économiser, au lieu d’être une préoccupation première, est invoqué après l’engagement de dépenses en mesure d’être évitées.

Sans s’attarder sur l’information de l’appartenance de deux entreprises prestataires à une même personne –qui va d’ailleurs intéresser d’aucuns pour la suite de cette affaire_. Qu’est ce qui a été fait pour un soutien aux entreprises soumissionnaires en suscitant des associations. Le privé aide l’Etat et l’Etat se soucie-t-il des privés (souci d’équilibre à un moment d’arrêt d’activité).

Si l’on doit revenir à la question sur un probable lien d’amitié entre le ministre et un fournisseur retenu, la réponse de M. Mansour Faye indispose plus que les propos du journaliste. Ce dernier d’ailleurs a bien nuancé pour éviter l’affirmation. « Si tu le répètes je porte plainte » ? On n’avancera pas sur ce point, pour ne répondre ni à l’un, ni à l’autre.

Partant de tout ceci, nous croyons urgent un rappel que nos politiques semblent souvent oublier : la communication, de tout temps, est intrinsèque, à l’action d’Etat et l’anticipation est le maitre mot dans toute gestion.

Tous ceux qui ne l’auront pas intégré seront victimes de leur négligence et de la capacité d’autres à communiquer à leur place.

Nous sommes en période de gestion de crise. Ce qui fait dire à certains, que ce sujet sur la distribution de l’aide alimentaire n’est pas une priorité. Très absurde réflexion ! Car, non seulement nous ne sommes pas en état d’exception mais l’aide alimentaire est un élément central du dispositif de lutte contre le covid-19. Et cette situation de concentration des pouvoirs entre les mains du palais expose énormément le Président de la République. Il ne sera épargné ni par la mauvaise information des services impliqués, ni par la désinformation qui peut provenir de mille endroits. Amoindrir les risques impose donc dans l’action des uns et des autres la grande préoccupation de la transparence.

Pourquoi ce virage ne doit pas être raté ?

Pour la simple et unique raison que l’opinion nationale n’aura jamais existé comme elle est en train de se dessiner actuellement. C’est le Sénégal qui attend des vivres, c’est tout un pays qui aujourd’hui est en mesure de juger de l’action du gouvernement (loyers, enseignements, emplois, paiements factures services de base, entre autres). Pour une fois, beaucoup peuvent donner leur avis, à défaut être sensible à ce qu’on dira. Une sanction positive ou négative dépend de la seule action du gouvernement aidé et fragilisé, en même temps par les pleins pouvoirs « concentrés » entre les mains du Président.

L’opposition depuis l’arrivée au pouvoir du Président Sall, n’a jamais eu meilleure occasion à même de lui produire des éléments d’attaque contre ce régime en dernier mandat. Ils sont du combat, mais ils seront demandeurs de compte.

Soyons bien clair. L’heure n’est pas à l’opposition nous le savons. Pour le moment la presse libre et les « circonstanciés » du moment jouent les rôles de veilleurs et d’avant-gardistes.

Pour conclure, il urge de faire savoir que le point quotidien d’information du ministère de la santé sur la situation de la pandémie dans notre pays, n’est pas un exercice extraordinaire et destiné aux seuls acteurs de la santé. Tous les ministères et autres entités impliqués en première ligne de cette riposte au Covid 19, nous doivent des explications dans leurs actions (le tri est bien intégré) et une information à même de mieux galvaniser chaque sénégalais. La troupe est dispersée et chaque sénégalais, chaque étranger et hôte vivant dans notre territoire en constitue un élément actif.

Un tweet ne disait-il cette semaine que : « les messages de sensibilisation, les forces de sécurité dans la rue, le point journalier sur la situation ne pèsent pas plus que la TRANSPARENCE dans la gestion des aides  sur le comportement des populations face au Covid-19 »

A tous, nous demandons un respect scrupuleux des CONSIGNES!