Image

Pour l'histoire GBAGBO prend la parole via TV5 Monde

Il l’a affirmé et sans ambages, l’ancien Président ivoirien acquitté par la CPI depuis janvier est du côté de l’opposition. Opposé à un 3ième mandat mais également opposé au déchirement de son pays.

Son appel est adressé à tous les acteurs politiques mais surtout au Président Ouattara qui selon lui « peut beaucoup » car c’est lui qui a commis la faute. Celle de vouloir briguer un troisième mandat et donc la faute de ne pas respecter la constitution qui est un bien commun de la Côte-d’Ivoire.

L’ancien Président, qui ne manque pas de rappeler son statut d’ancien prisonnier également, a tenu à faire savoir avec force et clarté qu’il n’est en deal avec personne ou qu’il ne craint les répressions de personne. De quoi susciter un consensus dans son pays autour de ses propos.

Le point culminant de cette interview fut la réaffirmation de son attachement au respect des textes, à la Loi, lesquels devraient être aussi claires que possible pour ne point souffrir d’interprétation. Gbagbo marque donc son attachement à la lutte politique pacifique, républicaine et démocratique ; une lutte qui tranche avec tout moyen violent d’accession au Pouvoir.

Sur la question de son passeport, il n’a pas manqué en se basant toujours sur les textes étant donné que disposer d’un passeport est un droit, que cela n’est pas négociable ? Mais que c’est honteux avec toute la culture d’hospitalité que l’on connait à nos pays qu’il soit avec son statut d’ancien président contraint de devoir se présenter à l’ambassade. C’est un manque d’élégance de la part du régime en place.

Ce qu’il faut retenir en définitive, c’est que le Président GBAGBO, n’a pas versé dans des invectives ou dans des revendications personnelles. La préoccupation partagée et clairement fut celle de la paix pour son pays et qui ne peut s’obtenir que dans un comportement de paix (Dialogue dans la vérité et respect de la Loi).

Extrait:

TV5 : Monsieur le président bonjour et merci d’accorder cette entretien exclusif à TV5 Monde. Comment allez vous depuis que vous avez recouvré la liberté ?

Gbagbo : Je me porte mieux, on est toujours mieux quand on est en dehors de prison que quand on est dedans ? Donc je me porte mieux.

 

Depuis le 15 janvier 2019, date de votre acquittement, vous vous terrez dans le silence, pour quelle raison avez-vous acceptez aujourd’hui de parler ?

Gbagbo : Vous savez depuis mon arrestation le 11 avril 2011, je n’ai pas parlé sauf lors de l’interrogatoire devant la Cour pénale internationale et quand j’ai été acquitté j’attendais d’être dans mon pays avant de parler, j’attendais d’être en Côte d’Ivoire avant de parler. C’est pourquoi depuis je ne parlais pas.

Mais aujourd’hui la date du 31 octobre approche je vois que le querelles nous amène dans le gouffre et en tant qu’ancien président de la République, en tant qu’ancien prisonnier de la CPI, ancien homme politique connu, si je me tais ce ne serait pas responsable.

Donc j’ai décidé de m’exprimer pour donner mon point de vu sur ce qui se passe en ce moment en Côte d’Ivoire et donner ma direction, celle qui me semble bonne.

LIRE AUSSI : Assoa Adou sur TV5 : « Ouattara a choisi ses adversaires »

TV5 : Pour la présidentielle du 31 octobre vos partisans ont déposé un dossier qui a été rejeté, est-ce que vous avez été surpris par le rejet de votre candidature, parce que vous ne remplissiez pas toutes les conditions ?

Nous étions 44 candidats on a rejeté 40 candidatures, je trouve ça un peu enfantin, je pense que dans un pays ceux qui veulent être candidats doivent être candidats. On ne doit pas multiplier les obstacles sur la route des candidatures. Je ne conçois pas comme ça la politique.

TV5 Vous estimez que certains candidats ont été sciemment écartés de la présidentielle ?

Gbagbo : Bien sûr, mais c’est pour tout ça que je m’exprime aujourd’hui.

TV5 : Depuis l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara pour la présidentielle du 31 octobre pour briguer un 3e mandat, la Côte d’Ivoire connaît une crise pré-électorale qui a fait d’ailleurs déjà plusieurs victimes à Abidjan et même dans plusieurs villes à l’intérieur, est-ce que vous comprenez la colère des anti 3e mandat ?

GBAGBO Laurent : Oui. Oui. Je la comprends et la partage. Je pense que l’un des problèmes politiques en Afrique, c’est que on écrit des textes transitoires. On écrit dans la constitution que le nombre de Mandat est limité à deux.

Pourquoi on veut faire un troisième mandat ? Il faut qu’on respecte ce qu’on écrit. Il faut qu’on respecte ce qu’on dit. Dès l’instant où dans une société, des textes de lois et la constitution qui est la loi suprême, les textes de lois disent une chose, il faut qu’on s’y conforme.