HOMÉLIE DU DIMANCHE DE LA PENTECÔTE_« Recevez l’Esprit-Saint »
« Recevez l’Esprit-Saint »
Nous sommes parvenus à la fin du temps pascal avec la célébration de la belle solennité de la Pentecôte : Don de l’Esprit-Saint Amour du Père et du Fils à ce petit groupe des onze et de quelques femmes dont Marie, la mère de Jésus, tous enfermés au cénacle après le départ du ressuscité.
L’apôtre Saint-Luc situe l’événement cinquante jours après Pâques et Saint Jean dans le 4ème évangile quant à lui, relate cette mystérieuse scène au soir même de la Résurrection.
Ce qui est important, c’est ce que porte l’événement comme mystère et appel.
La Promesse du Christ s’accomplit en ce jour, le Paraclet est donné aux premiers témoins du Christ. Dieu, utilisant les forces de la nature secoue la terre comme pour réparer un désordre et vient comme un feu pour consumer tout ce qui peut être obstacle à l’annonce de la Bonne Nouvelle notamment la peur. « Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se propageaient et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit-Saint ». Comme dans les théophanies (apparitions) de Jésus ressuscité, l’Esprit-Saint souffle et feu de Dieu défie toutes les contingences du temps et de l’espace pour libérer une chambre haute verrouillée et un groupe d’hommes et de femmes encore gagné par la peur des autorités qui quelques temps avant, avaient exécuté le Maître.
L’action de l’Esprit est immédiate, elle pousse au dehors ceux qui étaient enfermés et les appelle au témoignage : « ils se mirent à parler en d’autres langues et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit ».
Cette première annonce des apôtres, c’est le kérygme : témoignage sans équivoque devant le peuple et les puissants de l’époque que celui qui a été crucifié, Dieu l’a ressuscité. Cette annonce est d’autant plus extraordinaire puisque tous les comprenaient dans leur propre langue. L’auteur des Actes des apôtres fait mention de cette diversité de peuples témoins et bénéficiaires des fruits de la Pentecôte, stupéfaits et émerveillés : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? ».
C’est le miracle de l’Eglise qui se réalise. D’un petit groupe qui a fréquenté Jésus, va naître une communauté de frères et sœurs de toutes races, langues, peuples et Nations. Désormais, le peuple de Dieu ne se définit plus par l’appartenance à la race juive mais plutôt par l’accueil de la Bonne Nouvelle comme une saveur que produit l’Esprit-Saint au-dedans de nous. Ce goût intérieur de Dieu qui transfigure notre être et notre vie, nous fait sortir de nos enfermements et de nos peurs, rend possible la communion des cœurs et l’audace du témoignage de l’Amour semé en nous par l’Esprit-Saint.
Au jour de notre baptême, nous avons reçu comme les Apôtres le don de l’Esprit-Saint. Cette parole de Jésus prononcée à l’endroit des apôtres : « Recevez l’Esprit-Saint » nous a été communiquée à travers l’eau versée sur notre front au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et l’onction du Saint-Chrême qui fait de nous tous, participants à la triple fonction du Christ Prêtre, Prophète et Roi. Le Baptême comme d’ailleurs la confirmation (et les autres sacrements) sont une forme de Pentecôte puisqu’à travers eux, Dieu, par son Esprit agit en nous pour construire et édifier l’Eglise.
Chacun, selon l’action de l’Esprit en lui, participe à l’édification de l’unique corps qu’est l’Eglise.
Baptisés, nous sommes disciples et témoins dans nos différentes communautés et milieux d’expression parce que le ressuscité nous envoie tous sans exception : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Il est important que nous soyons envoyés c'est-à-dire mandatés non pas pour nous mais pour annoncer Jésus Christ par nos paroles et nos actes.
Une Bonne Nouvelle, elle illumine, renouvelle, édifie. C’est pourquoi, l’adresse de l’apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens doit être le moyen d’orientation de notre agir chrétien pour éviter tous errements. En chacun, la grâce opère de manières diverses et variées mais c’est l’UNIQUE Esprit qui en est l’initiateur. C’est dans nos différences que s’opère la vraie Pentecôte, celle qui construit l’unique corps du Christ. En ces temps troubles de la vie de l’Eglise , il nous revient à tous baptisés de veiller à ne pas porter atteinte au Corps du Christ dont nous sommes les membres en évitant toutes tentatives de divisions , de haine sous toutes ses formes , de domination ou encore de rejet de l’autre.
Le temps de l’Eglise, c’est celui de l’Esprit, ne le contristons pas ; ne soyons pas des obstacles à son action pour qu’advienne une Nouvelle Pentecôte dans notre monde. L’épisode douloureux de la pandémie du Covid 19 devrait nous instruire et nous inspirer de nouvelles attitudes pour une véritable conversion des cœurs et des esprits afin de recouvrer la bonne odeur de Dieu, celle de l’Amour trinitaire qui est communication et communion dans le regard et l’agir.
Quelle joie de retrouver le chemin qui nous mène à nos églises paroissiales en ce jour de la Pentecôte! N’est-ce pas un signe de la Providence de Dieu qui ne se trompe ni ne nous trompe ? Aujourd’hui, nous quittons les cénacles de la peur d’un virus et de l’incertitude en des lendemains meilleurs pour annoncer une Bonne Nouvelle audible aux oreilles de tous les hommes et toutes les femmes de Bonne Volonté et cela non pas seulement par la parole mais surtout par nos actes. « A cela, ils reconnaîtront que vous êtes mes disciples ».
Viens Esprit-Saint, en nos cœurs
Et envoie du haut du ciel
Un rayon de lumière
Lave ce qui est souillé
Baigne ce qui est aride
Guéri s ce qui est blessé
Donne mérite et vertu
Donne le Salut final
Donne la joie éternelle
Amen
P .Ferdinand SAMBOU

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