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HOMÉLIE DU 33ième DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE: parabole des talents.

«  Bon et fidèle serviteur,(…) entre dans la joie de ton Maître ».

Bien chers frères et sœurs,

à mesure que nous nous approchons de la fin de l’année liturgique, le discours évangélique nous oriente vers l’Accomplissement des Temps : Retour en Gloire du Christ qui, désormais récapitulera toutes choses en lui.

La page d’évangile de ce 33e dimanche du temps ordinaire fait suite à la Parabole des dix vierges. La pointe de cette parabole était l’appel à garder la lampe de notre cœur allumée grâce à l’huile de la Foi, de l’Amour, de la Prière et de la fréquentation des sacrements afin de participer à l’avènement du Royaume de Dieu.

Aujourd’hui encore, le récit allégorique des « talents » nous rappelle à nos responsabilités personnelles et collectives dans la construction du Royaume.

L’histoire met en scène quatre personnages :

d’abord un homme qui part en voyage et ensuite trois de ses serviteurs à qui il confie une somme d’argent, « chacun selon ses capacités ».

Les deux premiers qui avaient reçu respectivement cinq et deux talents ont mis à contribution leur intelligence intérieure et mentale pour fructifier le bien de leur Maître. Par contre le troisième qui avait reçu un seul talent n’a pas jugé bon de faire de même. Son cœur assombri par un jugement dépourvu d’amour et de pardon, le pousse à creuser un trou pour enfouir l’argent de son Maître aux fins de le restituer à son retour. La suite de l’histoire nous la connaissons : c’est la restitution des comptes au retour du Maître. Ceux qui ont mis en valeur les biens du Maître pour lui en faire gagner davantage  se voient reconnus dignes de confiance et invités à participer à son intimité : « Serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur ».

Quant au troisième, il s’arrête sur les défauts de son Maître : «  Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur et je suis allé cacher ce qui t’appartient ». Mais il sera pris à ses propres mots et la sentence sera implacable : «  Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque, et à mon retour, je l’aurais retrouvé avec des intérêts. Enlevez lui donc son talent et donnez le à celui qui en a dix ».

Une relecture purement cartésienne du texte prouverait le tort que ce serviteur s’est fait lui-même.  Il avait certainement le droit de refuser qu’il lui soit confié une telle somme (qui est le salaire d’une semaine de travail). Il avait aussi la possibilité de la placer en banque. Mais loin d’y penser, il s’est institué juge de son maître et a décidé de ne rien faire de bon. Lui-même a prouvé son manque de confiance à sa personne et laisser sommeiller ses capacités.

Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de notre relation à Dieu. En fait la parabole met à jour nos manières d’être et d’agir en tant que croyants.

Que faisons-nous des trésors que Dieu nous confie ? Il ne s’agit pas ici d’argent mais de richesses spirituelles immenses que Dieu octroie à chacun en vertu  de son Baptême et que devons fructifier non pas pour nous mais pour le bien de tous en vue de la Gloire qu’il nous révélera au Jour de son Retour. Chacun de nous selon ses capacités, a reçu des talents inestimables de la part du Christ. Nous devons en être plus conscients aujourd’hui, plus que les auditeurs de Jésus, il y a deux mille ans. Bénéficiaires du Salut, le Seigneur nous a confié son Eglise, sa prière, ses sacrements : il nous a fait don de son Amour et de sa Miséricorde. Il a mis des biens inestimables en nous ; cependant ceux-ci ne sont pas destinés à être enfouis dans la terre de notre orgueil, de notre égoïsme, de notre paresse ou de nos jugements. Les talents nous sont confiés pour le service des autres en vue de leur croissance en Dieu car un jour, il nous faudra rendre compte de notre gestion. Dieu a besoin de nous pour bâtir son Royaume ; cette confiance appelle de notre part une participation vraie et effective pour que l’édifice se construise. Ainsi, nous serons habités par cette sagesse de Dieu personnifiée en la figure de la femme parfaite qui sème la joie et la paix autour d’elle. (cf.première lecture).

Chers frères et sœurs, rappelons-nous qu’il n’y a pas d’âge pour recevoir les trésors de Dieu et en user pour le bien de la communauté. Tous, enfants, jeunes, adultes et personnes âgées sont intendants, chacun selon l’appel qu’il a reçu, des mystères de Dieu.

En ce jour dédié au Secours Catholique, Dieu nous invite à libérer les énergies positives en nous pour apporter la joie et de nouvelles raisons de vivre et d’espérer à tous ceux qui souffrent et qui se tiennent au bord de notre chemin humain et spirituel.

«  Tous frères », gardons éveillé notre désir de Dieu qui nous convie à sa mission de salut pour qu’au soir de notre pèlerinage sur cette terre, nous puissions entendre sa voix pleine d’Amour nous dire : « Bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître ».

Amen.

P. Ferdinand SAMBOU, Curé.