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Des talents à faire fructifier et non à enfouir

Souvent nous entendons le commun des hommes dire de quelqu’un qu’ « il a un gros talent » ou « un talent caché ». L’évangile de « la Parabole des Talents », qui nous interpelle en ce jour, traite de ce que nous devons faire nos talents (nos dons reçus de Dieu).

Bien qu’il s’agisse de « talent », unité de masse et de monnaie de l’époque de Jésus, le sens que nous en donnons traverse le cadre boursier et pénètre dans le cercle de nos rapports interpersonnels. En effet que faisons-nous de nos dons reçus de Dieu ? Les faisons-nous fructifiés pour la « maison commune » dans le domaine social, politique ou environnemental ? Ou bien  préférons-nous les cachés à la face de la terre ?

 

LE RECIT DE LA PARABOLE DES TALENTS

« En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens.  À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit.

Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.

“Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.

Car à celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” » 

 

FRUCTIFIE CE QUE TU AS RECU ET DONNE CE QUE TU AS FRUCTIFIE

Le lampadaire est fait pour éclairer la maison et non pour être placé « sous un boisseau » nous dit l’évangile. Que faisons-nous alors pour nos frères en humanité qui sont dans les « ténèbres du quotidien » de la vie et ce dans le domaine social, politique et environnemental ?

Le monde est rempli de tensions dues à une certaine forme d’injustice plongeant les individus dans un chaos social. Cependant malgré ce climat néfaste, certains ont reçus des dons pouvant faire changer ou apaiser un tant soit peu la vie des hommes et ce, dans plusieurs volets sociaux.

Aujourd’hui, par exemple, le monde de la musique pleure Ange Didier HUON, Alias Dj Arafat, parce qu’il a marqué son temps par son talent musical. Combien d’individus, à travers le monde, se sont sentis bien après avoir écouté un tube rythmé de « Kpangor », « Enfant béni » ou « Hommage à Jonathan » ?

Toujours dans le volet social, Coluche, sans être milliardaire, avait auparavant initié une aide alimentaire aux pauvres à travers les « Restos du cœur ». Cette association assure encore aujourd’hui des milliers de repas aux défavorisés. Combien peuvent le faire dans nos différents pays mais préfèrent enfouir leurs richesses dans leurs hobbies parfois insipides ?

Sur le plan politique, certains ont reçus le don de participer à la direction des destinées des Nations. Mais au lieu de servir leurs concitoyens par une gestion transparente et équitable de la chose publique, ceux-là préfèrent plonger dans une gabegie qui met leurs peuples dans une pauvreté extrême ou au contraire choisissent de s’isoler pour ne pas avoir à aider les pays en difficultés. Et pourtant la vertu existe en politique. Sinon qu’aurait fait d’extraordinaire l’ancien Président Tanzanien, Julius NYERERE, au point que l’Eglise ouvre un procès en béatification et de le considérer comme Vénérable ? Gouverner est donc un don pour servir son peuple et non l’asservir.

Quant à l’environnement, l’actualité internationale a les yeux rivés sur la forêt amazonienne qui est en train de brûler. En effet, de Janvier en Août 2019, plus de 40 000 feux ont été décomptés dans la plus grande forêt tropicale au monde. Mais nous avons eu l’impression que la dite « communauté internationale » chantait pendant que l’Amazonie brûlait car leur réaction a tardé. De plus les pays qui ont les moyens d’y remédier préfèrent utiliser ce drame comme moyen de pression politique voire économique contre le Brésil. Donc, au lieu de s’attarder sur la stature des « Premières Dames », Brésilienne et Française, ceux qui le peuvent doivent donner au Brésil les moyens de gérer ces feux de forêts pour que la « Famille des Nations » que nous formons continue à respirer. Le fait de coller un hashtag #PrayforAmazonia sur son compte Twitter ne saurait suffire.

 

En somme, au lieu d’envier les dons des autres, attelons nous à découvrir et faire profiter à autrui ceux que Dieu nous à confier avant qu’ils ne nous soient enlevés. Ainsi par nos dons fructifiés nous serons à même d’être des réverbères dans l’obscurité de nos frères en humanité.