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Christ Vie

Marc 5, 21-43

TALITHA KOUM

La page d’évangile qui nous est proposée aujourd’hui peut être objet de méditation pour toute cette année dédiée au Christ-Vie dans notre archidiocèse. Celui qui est la vie et qui donne vie est dans le monde au milieu de ses frères en humanité parce qu’Il leur ressemble, Il leur parle, Il vit au milieu d’eux le Jésus fils de Marie. Trois figures se détachent de cette Parole et qui peuvent correspondre chacune à nous dans un moment de notre vie. Et même toutes les trois dans le sens d’une démarche, d’une marche évolutive dans notre vie de foi.

Figure 1 : la foule autour du Jésus et qui le suivait

Figure 2 : Jaïre qui vient solliciter le secours de Jésus

Figure 3 : Une femme ayant appris ce qu’on disait de Jésus

Des trois figures, ce dont nous pouvons être sûrs c’est ce que Marc a juste mentionné pour la femme qui est l’anonyme de ce passage de son évangile : la foule, Jaïre comme la dame, savaient tous ce qu’on disait de Jésus.

Nous allons parler des deux dernières figures car chacune d’elle est apparue dans la singularité de son besoin de sa préoccupation et sans altérer l’existence de la première qui a une présence qui leur est antérieure et qui leur sera également postérieure.

Nous allons nous concentrer sur le thème de la vie car la prétention n’est pas de tout épuiser (ce qui est d’ailleurs impossible) mais de laisser intact le sens de la méditation après notre texte.

Figure 2 : Jaïre

Ayant entendu ce qu’on disait de Jésus, Jaïre est allé le chercher parce que sa fille encore si jeune en était « à la dernière extrémité ». il tomba aux pieds  de Jésus et le supplie en lui disant « Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ».

Jésus le suit pour répondre à sa demande mais en chemin on fait comprendre à Jaïre que ce n’était plus la peine de déranger le Maître car sa fille qu’il a quittée mourante a trépassé en son absence. 

Jésus convaincu de la foi de Jaïre sera celui qui rassure et qui réconforte …. « Ne crains pas, crois seulement ».

Le résultat de cette marche de Jaïre (de sa maison à l’autre rive où se trouvait Jésus et le chemin du retour accompagné par Jésus sous le regard de la foule et ensuite de tout ce monde qu’il y avait chez lui) correspondit exactement à son attente. Que sa fille soit sauvée et qu’elle vive. 

Talitha Koum, par ces mots, ses mots à Lui, celle qui dormait est revenue à la vie. 

Jaïre était un des chefs de la synagogue, il n’a pas envoyé cherché Jésus, il est parti lui-même le chercher, pressé par sa foi et sa confiance, pour que sa fille vive. De ce qu’il avait entendu dire de Jésus, il avait retenu pour lui qu’il était la Vie et que : qui croit en Lui, même s’il meurt vivra ».

Figure 3 : La femme anonyme

Cette figure nous rappelle la célèbre phrase d’Albert Einstein « le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito ». On peut décider de garder ou d’enlever le dernier mot ce qui est intéressant ici c’est la rencontre qui fait qu’on s’exclame devant ce qu’il y a ou ce qu’il y a eu.

La femme était juste là dans cette foule qui s’était assemblée autour de Jésus ou encore quelque part toujours dans cette foule au moment où Jésus s’est levé marchant pour se rendre à la maison de Jaïre.

Pendant 12 ans elle a cherché à avoir une vie meilleure sans cette maladie qui, si on y voit bien, peut te condamner à la sédentarité à moins d’user de beaucoup de moyens avant d’oser te présenter dans les différents milieux de vie. On peut même assimiler sa maladie à un état permanent d’impureté si on connait la communauté juive.

Mais retenons qu’elle était dehors ce jour-là, et que Jaïre allait venir chercher Jésus qui était au bord de la mer pour marcher avec lui.  Et que cette femme va décider de poser un acte. Son état ne va pas l’empêcher de se rapprocher de Jésus, tel qu’on se jetterait dans une mer en plein été pour se baigner, ou encore tel qu’on se précipiterait pour avoir sa part dans le partage d’un butin. 

Oui, en effet, Contrairement à Jaïre, cette femme ne dira à Jésus de la guérir de sa maladie, elle est juste persuadée, après tout ce qu’elle a entendu dire de lui, qu’en touchant seulement le vêtement de Jésus qu’elle serait sauvée par lui.

Ce qui est magnifique ici c’est que, quand elle toucha par derrière le vêtement de Jésus, nous dit Saint Marc, à l’instant même, l’hémorragie s’arrêta et la dame sut que son mal était guéri.

Mais qu’en est-il de la question de Jésus ? Qui a touché mes vêtements ? Pourquoi n’a t ‘il pas dit directement à la femme : « Ma fille, ta foi t’a sauvée » ? 

Nous avons, dans toutes les réponses possibles, décidé de retenir celle-ci : que Jésus a montré la possibilité pour tout un chacun, malgré la multitude que nous formons souvent, de faire de nos rencontres avec Jésus une expérience personnelle.

La réponse de ses disciples « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : ײ Qui m’a touché ?ײ » confirme cela. Pour eux impossible de répondre à cette question du Maître vu le nombre de personnes tout autour de Lui.

Pourtant Jésus, lui qui est la connaissance, lui qui a guéri ce corps malade de la femme et qui vient de lui donner de vivre pleinement ne s’est pas empêché de leur poser cette question.

Entre sa question, les réponses des disciples et  de la femme nous voilà obligé de parler en dernier de la première figure : la foule.

Ils sont venus écouter Jésus, d’autres voir Jésus, d’autres juste pour voir de qui il s’agit, d’autres pour le voir faire ce qu’on dit de lui (qu’il guérit les malades). Ce qui est sûr c’est que dans ce passage la foule peut être considérer comme plein de spectateurs. Des gens qui côtoient le verbe de Dieu par qui ils sont, celui qui donne vie mais qui n’ont rien à lui dire, qui ne s’arrêtent que sur les échos qui leur parviennent. Pouvons-nous dire qu’ils sont sans besoin ? Que seuls Jaïre et cette femme dont le nom même nous est inconnu étaient les seuls en proie à des souffrances humaines ? Non certainement pas. Mais ils sont ceux pour qui, ce que tous ont pu entendre, a germé dans leur cœur la foi et la confiance. Ensuite est venu le désir d’une rencontre avec l’objectif d’inviter le Seigneur à faire quelque chose pour eux. Et le Maître de la vie ne manquera jamais de donner ce qu’Il a en plénitude : la VIE.

Chers frères et sœurs en Christ, chers frères et sœurs en humanité, nous sommes comme je l’ai dit tantôt assimilables à ceux qui composent cette foule. Tantôt nous sommes Jaïre, marchant, cherchant et appelant Jésus. Ou encore cette femme dans la souffrance pendant longtemps, et qui ne veut pas parler à Jésus, ne va pas se faire remarquer non plus en lui coupant la route, mais est sûre que Celui qui est la vie peut la lui donner de plusieurs manières. 

Ce qu’ils ont entendu de Jésus nous l’avons entendu, mais aujourd’hui contrairement à ces contemporains de Jésus fils de Marie et puis après Jésus-Christ, nous ne le voyons pas comme eux l’ont vu. Mais celle qui s’est approchée par la manière la plus symbolique dans ce passage du texte d’aujourd’hui peut ouvrir notre intelligence aux différents Sacrements à travers lesquels Dieu se donne, nous réconcilie avec Lui-même et nous donnes la vie ; Sa Vie.

En cette année consacrée à Christ-Vie, laissons-nous animer par Sa présence, par Son amour pour rentrer pleinement dans cette Vie que Lui seul est en mesure de nous offrir.