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A Rufisque, le domicile du député Seydou Diouf a échappé à un incendie. Les images et vidéos qui circulent sur la toile ont de quoi inquiéter avec l’utilisation avérée de cocktail Molotov. Cette arme incendiaire est de fabrication artisanale avec comme composant principal un liquide inflammable, (alcool ou essence) contenu dans une bouteille en verre.

C’est avec le concours de passants que le feu a été circonscris selon le maitre des lieux ; faisant échapper des flammes, la voiture et la maison.

Ces faits seront systématiquement reprochés à des partisans du parti de M. Ousmane Sonko si on analyse l’évolution, ces derniers jours, des informations sur le dossier l’opposant à Adji Sarr.

Après la levée de son immunité parlementaire et le refus annoncée par le leader de Pastef de ne pas répondre à la convocation du juge d’instruction, nous pouvions bien nous attendre à des tensions.

Ce qui est plus dangereux c’est la description faite des forfaitaires : un groupe d’une dizaine de personnes encagoulées.  Vu que les dernières arrestations suites à des audios partagés ou messages de menaces envoyées, on comprend cette nouvelle technique pour espérer échapper à la traque.

Ce qui est sûr par contre et qui ne joue nullement en leur faveur, c’est qu’ils ouvrent une nouvelle brèche qui permettra à l’autorité d’embarquer des personnes sur fond de soupçons ou de dénonciations. Et l’instruction qui devra s’en suivre les gardera bien au trou et pour une longue durée.

L’option de la violence ne nous semble pas appropriée car elle finira par s’attaquer à des intérêts autres que de politiques et la société se verra obligé de s’ériger en barrière pour préserver sa quiétude.

D’un autre côté, le contrat social qui nous a toujours motiver pour l’instauration de la démocratie et d’un système de répartition plus juste des richesses, n’a jamais garanti l’effectivité d’une telle quête. La perfection n’étant pas de ce monde, on ne cessera jamais de repenser nos systèmes, nos institutions, et même nos valeurs car toutes nos actions garderont les empreintes de notre imperfection liée à notre condition d’homme.

Aussi, nous pensons que même le faible ne se voit pas toujours accepté l’usage de l’arme pour se défendre. Le combat ne saurait se passer de nos institutions judiciaires. Quel que soit l’avis des uns et des autres sur elles, l’objectif d’une entité politique serait de s’y soumettre en premier et de prévoir dans son programme de société de les parfaire. Perfection qui commence toujours par celles des hommes car c’est nous qui donnons vie à ce qu’elles sont et qui nous nous retrouvons du jour au lendemain forts des pouvoirs qu’elles sont dotées.

Nous pensons fermement que Monsieur Ousmane Sonko rendra service aux sénégalais en déférant à la convocation du juge et évitant le plus possible toutes les tensions susceptibles de naitre dans la rue du fait de cette affaire.

Qui confia à la rue son combat, ne peut avoir les garanties de sa maitrise car chacun y va selon ses idées le partisan comme le saboteur.

Les partisans de Pastef doivent veiller, à ce que les sénégalais n’assimilent point leur parti à la violence. Car c’est sur ce terrain, que le pouvoir les fera glisser pour légitimer la répression au nom du rôle qu’il a de veiller à l’ordre public et à la sécurisation des biens et des personnes.

Que le combat soit pour eux de garder intact leur projet de société dans le cœur des citoyens car, 2024 est déjà là et la participation ne doit plus avoir un visage systématiquement, mais une idée !